Quel remède naturel contre vos mulots ?
Où se situe l’infestation ?
Y a-t-il des enfants ou des animaux dans le jardin ?
Avez-vous déjà essayé de planter de la menthe ?
Avez-vous déjà utilisé du purin de sureau ou d’ortie ?
Avez-vous déjà posé des pièges-cage non-létaux ?
Quelle est l’étendue de l’infestation ?
Ce qu’il faut retenir : les remèdes de grand-mère contre les mulots les plus fiables associent le purin de sureau (résultats en 3 à 7 jours), la menthe poivrée plantée en bordure et les pièges-cage non-létaux. Combinez au moins 3 méthodes simultanément pour un résultat durable. Budget total estimé : 0 à 30 € selon ce que vous avez déjà sous la main.
Les remèdes de grand-mère contre les mulots séduisent parce qu’ils sont peu coûteux, sans danger pour les enfants et les animaux domestiques, et qu’ils fonctionnent, à condition de les appliquer correctement. Ces petits rongeurs de 15 à 35 g peuvent causer des dégâts considérables : galeries qui fragilisent les allées pavées, racines sectionnées en plein milieu de l’été, réserves de semences pillées. Avant de courir en jardinerie acheter un produit chimique agressif, voyons ce que la nature et le placard de cuisine ont à offrir.
Comment reconnaître une infestation de mulots avant d’agir
Un diagnostic juste évite de traiter le mauvais rongeur. Le mulot (Apodemus sylvaticus) mesure 8 à 12 cm de corps avec une queue presque aussi longue, de grands yeux et de grandes oreilles. Ne le confondez pas avec le campagnol, plus trapu et aux petites oreilles, ni avec la souris grise des maisons. Voici les signes qui ne trompent pas :
- Trous d’entrée de galerie de 3 à 4 cm de diamètre, souvent en lisière de pelouse, au pied d’un muret ou sous un tas de bois
- Crottes oblongues de 3 à 5 mm, regroupées près des cachettes, sous une planche, dans un coin de remise
- Bulbes de tulipes ou racines de carottes rongés sous terre, laissant les tiges faner sans raison visible depuis le sol
- Stocks de noisettes, graines ou morceaux de pain dissimulés dans une cavité (le mulot est un accumulateur obsessionnel)
- Galeries en réseau sous la pelouse, que vous sentez s’affaisser légèrement sous le pied
Sachez aussi que le mulot peut faire un saut de 80 cm, vos protections basses ne suffiront pas. Et sa vitesse de reproduction est alarmante : 4 à 6 portées par an, avec 6 à 10 petits indépendants en seulement 21 jours. Une petite infestation ignorée en septembre peut devenir un problème sérieux en décembre.
Si vous avez aussi des problèmes avec d’autres animaux indésirables autour de la maison, nos recettes de grand-mère pour éloigner les pigeons peuvent compléter votre stratégie.
Les plantes aromatiques et épices répulsives : le premier bouclier
Le mulot oriente ses déplacements principalement à l’odorat. Les plantes à odeur forte perturbent sa navigation et l’éloignent naturellement, c’est le principe de base de ce remède de grand-mère testé depuis des générations.
Les 5 plantes les plus efficaces en bordure de jardin
- Menthe poivrée : citée dans 100 % des sources spécialisées, c’est le répulsif de référence. Plantez-la en pot (elle est envahissante) ou disposez des bottes fraîches directement aux entrées de galeries détectées. Renouvelez toutes les 2 semaines environ.
- Ail : enterrez des gousses entières tous les 30 cm en bordure de potager. La décomposition lente prolonge l’effet répulsif sur 3 à 4 mois, ce qui en fait l’une des protections les plus durables.
- Thym et laurier-sauce plantés en haie basse : ils créent une barrière olfactive continue sans entretien particulier
- Lavande : décorative et fonctionnelle, elle repousse les rongeurs tout l’été et nécessite peu d’arrosage
- Romarin en pot, repositionnable aux points d’entrée que vous détectez au fil des semaines
Huiles essentielles et épices du placard
Imbiber un coton de 5 à 8 gouttes d’huile essentielle d’eucalyptus ou de citronnelle, et le glisser dans les trous de galeries. À renouveler tous les 3 jours, l’évaporation est rapide. Pour les épices, saupoudrez du poivre de Cayenne ou du clou de girofle broyé aux points d’entrée et le long des murs. C’est efficace, mais lessivé par la première pluie, donc à renouveler après chaque épisode pluvieux.
En pratique, combinez plusieurs odeurs plutôt qu’une seule : les mulots peuvent s’accoutumer à un stimulus sensoriel répété. Alternez menthe et ail un jour, épices le suivant.
Le purin de sureau contre les mulots : recette et mode d’emploi
Le purin de sureau est reconnu comme le répulsif naturel le plus puissant contre les rongeurs du jardin. Son efficacité repose sur la sambucine, un alcaloïde présent dans les feuilles fraîches du sureau noir (Sambucus nigra), dont l’odeur est particulièrement insupportable pour les mulots et les campagnols. Et il ne coûte quasiment rien.
Recette complète (macération 7 jours) :
- Prélevez 500 g de feuilles et tiges fraîches de sureau noir, trouvable en lisière de forêt, près des ruisseaux ou en herboristerie
- Couvrez avec 5 L d’eau non chlorée (eau de pluie idéalement, le chlore ralentit la fermentation)
- Laissez macérer 7 jours à l’extérieur, en remuant chaque matin, le mélange doit fermenter et dégager une odeur forte
- Filtrez et conservez dans un conteneur fermé à l’abri du soleil (se garde 3 mois au frais)
- Diluez à 5 % avant utilisation : 1 volume de purin pour 19 volumes d’eau
Pulvérisez le pourtour des zones infestées, les entrées de galeries et les pieds des végétaux à protéger. Renouvelez tous les 5 à 7 jours, plus souvent après la pluie. Premiers effets visibles en 3 à 7 jours.
Bref, si vous ne deviez choisir qu’un seul remède de grand-mère contre les mulots, ce serait celui-là. Les autres méthodes viennent en complément.
Bicarbonate de soude et sel : les classiques du placard
Ces deux remèdes de grand-mère ont l’avantage d’être immédiatement disponibles dans n’importe quelle cuisine.
Le mélange bicarbonate de soude et sucre en proportions égales exploite une ruse simple : le sucre attire les mulots, tandis que le bicarbonate perturbe leur système digestif. Placez ce mélange dans de petits récipients comme des bouchons de bouteille ou des couvercles de bocal, disposés aux endroits où vous avez repéré une activité régulière. Attention : ce mélange peut présenter un risque pour les chats et les jeunes enfants qui y mettraient la main, positionnez-le hors de leur portée.
Le sel fonctionne différemment : saupoudré généreusement aux points d’entrée et le long des murs, il irrite les coussinets plantaires des rongeurs et les décourage de franchir la barrière. À renouveler après chaque pluie. Une précaution importante : ne jamais en répandre directement sur les racines ou à proximité des plantes, le sel brûle la végétation et stérilise le sol si on en abuse.
Franchement, ces deux solutions coûtent moins de 2 € en produits et valent la peine d’être essayées en complément du purin de sureau, mais leur efficacité reste limitée utilisées seules face à une infestation établie.
Barrières physiques et pièges : bloquer l’accès à la source
Quand les répulsifs olfactifs ne suffisent pas, notamment en cas d’infestation déjà installée, les barrières mécaniques et les pièges deviennent indispensables.
Le grillage galvanisé à maille ≤ 0,5 cm est la solution la plus durable. Installez-le en périphérie de vos carrés potagers, enfoncé à 30 cm de profondeur minimum (les mulots creusent sous les fondations superficielles) et relevé à 20 cm de hauteur. Sceller également les fissures dans les murs et les fondations avec du ciment : un mulot passe par n’importe quel orifice de la taille d’un stylo.
Les pièges-cage non-létaux permettent de capturer les mulots vivants. Installez-les perpendiculairement aux murs, là où les crottes indiquent un couloir de passage régulier. Appâtez avec du chocolat noir, de la pâte de cacahuète ou des graines de tournesol. Une fois capturé, relâchez le mulot à plus de 500 m de votre propriété, en deçà, il retrouve son territoire et revient.
Une astuce mécanique peu connue : plantez en bordure des bouteilles en plastique vides à demi enfouies verticalement, goulot vers le bas. Le vent y fait vibrer l’air et produit des infra-sons qui désorientent les rongeurs. Efficace sur terrain meuble, moins sur sol très compact.
Favoriser les prédateurs naturels : la solution la plus durable
Rééquilibrer l’écosystème de votre jardin est la stratégie la plus efficace sur le long terme, et la moins contraignante une fois en place.
- Chats : un seul chat de jardin actif peut éliminer une dizaine de mulots par mois. Même s’il ne chasse pas activement, son odeur suffit à dissuader les rongeurs de s’installer dans son territoire.
- Chouettes et effraies : une chouette effraie consomme jusqu’à 1 000 rongeurs par an. Installez un nichoir en bois à 4 à 5 m de hauteur, orienté à l’est, à l’écart des lumières artificielles qui perturbent ses sorties nocturnes.
- Buses et éperviers : évitez les épouvantails et les filets anti-oiseaux dans les zones les plus infestées, ils éloignent aussi ces précieux chasseurs.
- Belettes et mustélidés : ne les chassez pas si vous en apercevez dans le jardin. Ils pénètrent dans les galeries elles-mêmes et représentent la menace la plus directe pour les mulots.
Et c’est là que la patience paye : une fois l’écosystème rééquilibré avec des prédateurs installés, les réinfestations de mulots deviennent bien moins fréquentes, sans le moindre effort de votre part.
Comparatif des remèdes de grand-mère contre les mulots
Voici un tableau récapitulatif pour choisir la méthode adaptée à votre situation et votre budget :
| Méthode | Coût estimé | Délai d’action | Efficacité | Durabilité |
|---|---|---|---|---|
| Purin de sureau | 0 à 5 € | 3 à 7 jours | Élevée | 5 à 7 jours (à renouveler) |
| Menthe poivrée (plantation) | 2 à 5 € | Immédiat | Moyenne | Saisonnière (printemps/été) |
| Ail enterré en bordure | 1 à 3 € | 1 à 2 semaines | Moyenne à élevée | 3 à 4 mois |
| Huiles essentielles sur coton | 3 à 10 € | Quelques heures | Faible à moyenne | 2 à 3 jours |
| Bicarbonate + sucre | < 2 € | 2 à 5 jours | Moyenne | À renouveler / semaine |
| Sel aux points d’entrée | < 1 € | Immédiat | Faible à moyenne | Lessivé par la pluie |
| Grillage galvanisé ≤ 0,5 cm | 15 à 30 € | Immédiat | Très élevée | Permanente |
| Pièges-cage non-létaux | 8 à 20 € | Quelques heures | Élevée | Permanente (réutilisable) |
| Nichoir à rapaces | 20 à 50 € | 1 à 2 saisons | Très élevée | Permanente |
Prévention : rendre votre jardin peu accueillant pour les mulots
Un jardin bien entretenu s’infeste dix fois moins vite qu’un jardin négligé. Ces habitudes simples limitent considérablement les risques, sans rien dépenser :
- Ramassez les fruits tombés dès que possible, une pomme oubliée au sol est une invitation directe pour les rongeurs
- Conservez les graines et les semences dans des boîtes hermétiques en métal (les mulots percent facilement le plastique souple)
- Évitez les tas de feuilles mortes ou de bois stockés contre les murs, ce sont des abris parfaits pour l’hiver
- Retournez la terre régulièrement pour détruire les galeries en cours de construction
- Vérifiez l’état des joints de fondation chaque automne, avant que les températures chutent et que les rongeurs cherchent refuge
- Entreposez les aliments pour animaux domestiques dans des contenants fermés, jamais en sacs ouverts dans la remise
Au fait, si votre jardin souffre aussi d’autres problèmes environnementaux comme les excès d’eau, notre guide sur comment protéger votre jardin des inondations peut vous aider à sécuriser l’ensemble du terrain.
Questions fréquentes sur les remèdes de grand-mère contre les mulots
Le mulot est-il dangereux pour l’homme ?
Directement, non. Mais il est vecteur potentiel de la leptospirose via ses urines. Portez des gants pour manipuler des pièges ou nettoyer des zones contaminées, et lavez-vous systématiquement les mains après tout contact.
Comment trouver du sureau si je n’en ai pas dans mon jardin ?
Le sureau noir (Sambucus nigra) pousse communément en lisière de forêt, en haies de campagne et près des ruisseaux, cherchez en périphérie de votre commune. Des sachets de feuilles séchées existent en herboristerie, mais la sambucine est moins concentrée à l’état sec. La version fraîche reste nettement plus efficace.
Les répulsifs à ultrasons fonctionnent-ils vraiment ?
Les résultats sont mitigés. Les mulots s’accoutument aux fréquences fixes en 2 à 3 semaines. Si vous optez pour un appareil à ultrasons, choisissez un modèle à fréquences variables (15 à 50 kHz) et changez régulièrement sa position dans le jardin. À utiliser comme complément, jamais comme solution unique.
Ces remèdes fonctionnent-ils aussi contre les campagnols et les souris ?
Oui, la plupart partagent les mêmes aversions olfactives. Seule différence : les campagnols creusent plus profond, enfoncez le grillage à 50 cm minimum pour les bloquer efficacement. Le purin de sureau et les plantes répulsives fonctionnent sur les trois espèces.
À partir de quand faut-il appeler un professionnel ?
Si après 3 semaines de traitement combiné vous observez toujours des galeries fraîches et des dégâts actifs, l’infestation est probablement trop étendue pour être gérée seul. Les chambres d’agriculture régionales ou les entreprises de dératisation agréées proposent des interventions respectueuses de l’environnement, incluant des techniques de piégeage massif sans rodenticides.
En vrai, la clé reste la régularité : les remèdes de grand-mère contre les mulots demandent une application continue sur 3 à 4 semaines, pas une intervention unique. Combinez au moins trois méthodes simultanées, commencez dès les premiers signes, et votre jardin retrouvera son équilibre naturel sans produit chimique ni cruauté inutile.







